C’est le 5 mai 1934 que Henri Konan Bédié vit le jour à Dadiékro dans le département de Daoukro. Il fait de brillantes études primaires et secondaires en Côte d’Ivoire. Après l’obtention de son baccalauréat scientifique en 1954, il poursuit ses études supérieures à l’université de Poitiers en France. Il obtient successivement la licence en droit, deux diplômes d’études supérieures en économie politique et le certificat d’aptitude à la profession d’avocat. Il soutiendra avec succès, en 1969, une thèse de doctorat d’Etat ès sciences économiques.

Ces années d’études sont aussi celle du syndicalisme estudiantin dont Henri Konan Bédié fut un des leaders remarqués et du militantisme politique dans le cadre de la lutte anti-coloniale. Il rencontre aussi Henriette Bomo Koizan qu’il épouse en 1957 et qui sera la compagne fidèle de sa vie. Le couple a quatre enfants tous majeurs.

Dès son retour en Côte d’Ivoire, en 1958, Henri Konan Bédié assume les fonctions de directeur à la Caisse de Prévoyance sociale et des Prestations familiales et contribue à jeter les bases du système de sécurité sociale ivoirienne. Son ardeur au travail ainsi que ses qualités de sérieux, de modestie, d’intégrité lui valent la confiance et l’estime du Président Félix Houphouët-Boigny. Nommé premier ambassadeur de la Côte d’Ivoire indépendante aux Etats-Unis d’Amérique et au Canada, il assure la présence ivoirienne sur la scène internationale et s’emploie à développer les relations économiques et financières avec le continent nord-américain. Fort de ces bons résultats, Henri Konan Bédié est appelé au poste de ministre des affaires économiques et financières qu’il occupe sans discontinuer de 1966 à 1977. Il est l’artisan de la croissance économique exceptionnelle de la Côte d’Ivoire, qualifiée de ” miracle ivoirien “. Comme ministre des Finances, son autorité professionnelle devient internationale. Il préside aux destinées de nombreuses organisations communes africaines et internationales. Président en 1974 des Assemblées annuelles du FMI/BIRD. Premier Président du Comité joint FMI/BIRD (1974-1976).

Conseiller à la Société financière internationale, filiale de la Banque mondiale alors présidée par Robert Mac Namara, il contribue à la promotion des investissements privés en Afrique noire. Revenu en Côte d’Ivoire, il est élu député et maire de Daoukro. Il est également élu Président de l’Assemblée nationale qu’il dirige avec talent de 1980 à 1993. A la mort du Président Félix Houphouët-Boigny, le 7 décembre 1993, il accède à la magistrature suprême en vertu de l’article 11 de la constitution ivoirienne.

Son passage à la tête de l’Etat ivoirien, de 1993 à 1999, est caractérisé par une vigoureuse relance économique et de nombreuses réformes de structure pour moderniser le pays. Le Président Henri Konan Bédié a su rassembler les Ivoiriens dans l’unité, en insistant sur l’identité nationale, en renforçant la conscience d’appartenance non seulement à un Etat national mais aussi à une communauté soudée par une culture et une histoire. Il leur a donné l’espérance en les conduisant sur les voies de la croissance et du renouveau et en leur montrant l’avenir jusqu’à l’horizon 2025. Cet avenir se lisait déjà dans les dix grands chantiers de réforme et d’action mis en œuvre et qui devraient conduire à un développement durable au service d’un progrès social hardi.

Homme de paix et de dialogue, Henri Konan Bédié est un des rares présidents africains à avoir à plusieurs reprises pardonné à ses ennemis et à ses adversaires potentiels et surtout à avoir gouverné sans verser le sang de ses concitoyens.

Sur le plan international, il a assuré une présence rayonnante à la Côte d’Ivoire en élargissant le cercle de ses relations extérieures, en contribuant activement à la sauvegarde et au maintien de la paix en Afrique et dans le monde.

Henri Konan Bédié est aussi un penseur. Il a consigné ses idées et ses réflexions dans ses discours réunis en volumes et dans trois ouvrages :
Paroles et La nouvelle société aux frontières du développement publiés en 1995, Les chemins de ma vie en 1999. De l’ivoirité, conceptualisation de la quête culturelle et identitaire des Ivoiriens à l’échange inégal entre pays développés et sous-développés, de l’unité africaine aux problèmes de développement, de l’analyse historique de nos société traditionnelles aux problèmes de l’Etat et de la démocratie, il existe peu de sujets dont il n’ait tiré une philosophie générale et une politique. Il est permis de discuter ses idées. Il est difficile de contester qu’il en a. Et la politique, ce sont d’abord des idées.

Ainsi, c’est un homme de pensée et d’action, un démocrate épris de dialogue et de paix, un nationaliste soucieux du progrès et du rayonnement de son pays, pour tout dire un homme d’Etat moderne qui sollicite à nouveau le suffrage des Ivoiriens, sous la bannière du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), parti de l’expérience et de l’espérance. Il faut à la Côte d’Ivoire un Président moderne pour réaliser son grand rêve de progrès continu et de bonheur partagé.